Un cours de chasse en français pour un territoire de l’Arctique canadien

La jeune Franco-Yukonnaise Maya Poirier enseignera le premier cours d’éducation à la chasse en français. (Maya Poirier)
Pour la première fois, le ministère de l’Environnement du Yukon offrira en français mercredi le cours d’éducation et d’éthique de la chasse.

Tous ceux nés après 1987 doivent suivre ce cours pour obtenir un permis de chasse. Il est hautement recommandé pour les nouveaux arrivants.

L’instructrice Maya Poirier croit important de s’assurer que les chasseurs au territoire partagent les mêmes valeurs de respect de l’environnement.

« La raison pour laquelle les personnes déménagent au Yukon, c’est pour la nature, les animaux et les beaux paysages. Donc, il faut avoir le respect pour tout le territoire. »Maya Poirier, instructrice

La jeune Franco-Yukonnaise ajoute que de plus en plus de nouveaux arrivants s’intéressent à la chasse sans toutefois avoir des liens avec d’autres chasseurs. « [C’est important] d’avoir une communauté de chasse où ils peuvent apprendre sur le sujet de chasse et comment se préparer pour être en pleine nature. »

De son côté, Olivia Croteau souhaite suivre le cours de façon à partager le sport avec son mari et peut-être un jour avec ses enfants, une fois qu’ils seront plus âgés. La proximité de l’arrière-pays rend la pratique de la chasse plus accessible au Yukon qu’ailleurs, dit-elle.

Olivia Croteau croit qu’un cours d’éducation à la chasse en français lui permettra de mieux comprendre en détail le contenu. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
« J’ai toujours trouvé intéressant le fait de pouvoir tuer puis de l’emmener [tout de suite] dans ton assiette. De ne pas avoir tout le processus chimique qu’il y a entre l’épicerie et la ferme ou peu importe jusqu’à la maison. »Olivia Croteau, participante

La Québécoise d’origine pense que, pour vivre au Yukon, il faut aimer le plein air. « Je dirais qu’il y a vraiment un gros bassin de gens qui aiment la chasse, la pêche. [Et] j’ai l’impression que les gens ici chassent vraiment et uniquement pour subvenir à leur famille ou pour leurs besoins personnels. »

Maya Poirier affirme qu’abattre un animal pour se nourrir est un privilège qu’il faut reconnaître et apprécier, mais il s’agit aussi d’une responsabilité. Bien qu’elle ait passé toute son enfance au territoire, l’instructrice ne s’est mise à la chasse que récemment, abattant son premier mouflon l’an dernier.

« Ce n’est pas juste à propos de tuer un animal, c’est toute la préparation aussi. La vie dans la nature avec les animaux, c’est aussi apprendre à propos de leurs habitudes et on gagne tellement à être dans l’environnement de ces animaux et au milieu de la nature sauvage. C’est vraiment beaucoup plus que tuer des animaux pour nous en tant que chasseurs responsables et respectueux au Yukon. »

Le coordinateur à l’éducation de la chasse, Jim Welsh, croit que Maya Poirier saura partager les valeurs de respect de l’environnement aux nouveaux chasseurs. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Le coordinateur à l’éducation de la chasse au ministère de l’Environnement, Jim Welsh, est ravi que le cours soit finalement offert en français : « Nous voulions engager la communauté francophone et faire grandir cette communauté d’utilisateurs respectueux de l’environnement. »

Jim Welsh affirme voir un changement chez les nouveaux chasseurs. « De plus en plus de chasseurs se déplacent sans moteurs, dit-il, et je vois des groupes ou plusieurs familles se partager un seul orignal. »

Le cours d’éducation et d’éthique traite, en plus des valeurs de respect, de survie en forêt, de réglementation, d’identification des espèces, de maniement d’armes et de circulation sur les terres des Premières Nations.

Le cours du mercredi soir dispose encore de places, mais doit être précédé d’un module d’apprentissage en ligne pour lequel huit heures sont à prévoir.

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