Détour imprévu au pôle Nord pour les scientifiques de la mission MOSAiC

L’équipage du brise-glace de recherche Polarstern a atteint mercredi le Pôle Nord, après un détour imprévu.
Cette image montre le navire lors d’une expédition en Antarctique, le 12 août 2013. (Mario Hoppmann/Alfred-Wegener-Institut)
Des chercheurs qui se trouvent en mission scientifique dans l’Extrême-Arctique depuis près d’un an ont entrepris un détour imprévu au pôle Nord après avoir constaté la fonte d’une partie de la glace des mers dans la région.

Mercredi, le brise-glace allemand Polarstern a atteint le pôle Nord après avoir traversé une région située au nord du Groenland qui était auparavant recouverte d’une couche dense de glace, a déclaré l’Institut Alfred-Wegener pour la recherche polaire et marine (AWI) par voie de communiqué.

Même après avoir dépassé le 88e parallèle nord, nous avons maintenu une vitesse de 5 à 7 nœuds, explique le capitaine du navire, Thomas Wunderlich. Je n’ai jamais vu cela aussi loin dans le Nord.

L’équipe a ainsi mis six jours pour traverser la région qui sépare le détroit de Fram, situé entre le Groenland et l’archipel du Svalbard, et le pôle Nord.

Selon Thomas Wunderlich, cette région est habituellement recouverte d’une épaisse et ancienne couche de glace, qui la rend impossible à traverser. Mais maintenant, nous découvrons des étendues d’eaux libres de glace qui atteignent presque le pôle [Nord], explique-t-il.

Cette situation est historique pour la région. Thomas Wunderlich, capitaine du Polarstern

Le chef de la mission, Markus Rex, explique qu’il craignait initialement que la couverture glaciaire fissurée par endroits ne soit le résultat de vents et de courants marins. Dans ce cas, l’équipage aurait encouru des risques d’être piégés dans la glace.

Odyssée scientifique

Les quelque 600 scientifiques qui constituent la mission MOSAiC (Multidisciplinary drifting Observatory for the Study of Arctic Climate) se relaient depuis près d’un an à bord du brise-glace Polarstern pour comprendre comment le réchauffement climatique touche l’Extrême-Arctique et, de facto, l’ensemble du globe.

Le biogéochimiste Patric Simões Pereira (à gauche) et l’océanographe Adela Dumitrascu (à droite) effectuent de l’échantillonnage sur la banquise arctique en decembre 2019 pendant la deuxième phase de la mission scientifique MOSAiC. (Esther Horvath/Alfred-Wegener-Institut)

Avant la fin de la mission, au mois d’octobre, le quatrième et ultime axe de recherche des scientifiques portera sur la glace marine. Jusqu’à maintenant, leurs recherches se sont articulées autour des thématiques de l’atmosphère, de l’océan, de la biogéochimie et de l’écosystème.

Au cours des derniers mois, la mission scientifique a eu son lot d’imprévus. La crise sanitaire a ralenti le processus de recherches, notamment les rotations d’équipage.

Pour réduire les risques de transmission de COVID-19, des scientifiques ont été contraints de s’isoler avant de monter à bord du navire.

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