Documenter la faune de la Baie-James grâce aux autochtones du Nord du Québec

John Lameboy a participé à une étude sur les oiseaux menée par le Conseil de gestion des ressources fauniques de la région marine d’Eeyou. (Félix Boulanger/CGRFRME via CBC)
Afin de mieux comprendre comment la vie animale évolue et s’adapte dans la Baie-James, dans le nord du Québec, des agents fédéraux de la faune se tournent vers ceux qui connaissent le territoire mieux que quiconque.

Appelée « Citoyen scientifique », l’initiative du Conseil de gestion des ressources fauniques de la région marine d’Eeyou (CGRFRME) se veut un appel à la collaboration aux Cris qui vivent de la chasse et de la pêche sur le territoire. Ceux-ci sont invités à signaler toute présence animale qui croise leur chemin dans la Baie-James.

« La région de la Baie-James et sa faune marine n’ont pas vraiment fait l’objet de recherches. »Gordon Blackned, président du CGRFRME

Le Conseil, créé dans la foulée de l’Accord sur les revendications territoriales concernant la région marine d’Eeyou en 2010, est responsable de la gestion, de la réglementation et de la récolte des ressources sur le territoire.

« Nous avons besoin de l’aide des gens – qu’il s’agisse des pêcheurs ou encore des chasseurs qui fréquentent les îles et la baie. »Gordon Blackned

Avec leur apport, « au fil du temps, nous serons en mesure d’en apprendre davantage sur la vie en milieu marin et la faune [dans la région] », ajoute-t-il.

M. Blackned donne en exemple l’histoire de deux hommes qui ont récemment réussi à capturer des crabes dans la baie, alors que ceux-ci ne sont habituellement pas pêchés dans la région.

« Ces gars ont vraiment fait quelque chose d’intéressant en permettant d’identifier des espèces de crabes qui ne sont pas très bien documentées. »Gordon Blackned

Le Conseil appelle les trappeurs et toute personne qui a l’habitude de travailler sur le territoire de porter une attention particulière à la faune et de lui rapporter les signes de la présence d’une espèce envahissante.

« Au cours des dernières années, nous avons eu vent de rencontres [entre des gens] et des ours polaires. Ils traînent de plus en plus dans le coin et se dirigent vers le sud, là où ils n’ont jamais été. »Gordon Blackned

Outre les ours, le CGRFRME s’intéresse particulièrement à la présence de bélugas, d’oiseaux de rivage et d’ansériformes (dont font notamment partie les canards, les oies et les cygnes), ainsi qu’aux espèces d’oiseaux en péril, comme le bécasseau maubèche et la barge hudsonienne.

Le Conseil cherche aussi à obtenir plus d’informations sur la présence de bernaches cravants, une espèce qui n’est pas en voie de disparition, mais qui est méconnue.

Mieux comprendre l’habitat essentiel

Ces informations devraient permettre au CGRFRME d’identifier ce qui est appelé l’habitat essentiel, soit une aire jugée nécessaire à la survie d’une espèce.

Le Conseil souhaite ainsi enrichir ses connaissances sur les espèces rares et les espèces envahissantes qui peuplent le territoire de la Baie-James, en documentant les changements de population et les migrations de celles qui sont notamment essentielles aux traditions cries, indique le CGRFRME.

Les informations amassées grâce aux chasseurs cris permettront au Conseil les espèces rares et les espèces envahissantes qui peuplent le territoire de la Baie-James. (Félix Boulanger/CGRFRME via CBC)

Avoir une meilleure idée des espèces envahissantes qui se trouvent dans la baie est une priorité, assure M. Blackned.

Le Conseil appelle aussi les pêcheurs et les chasseurs à signaler toute présence d’un nouvel animal jamais vu dans les parages auparavant. Toute observation peut être rapportée aux associations locales de trappeurs cris ou aux bureaux des agents de la région marine d’Eeyou, qui se trouvent dans chaque communauté côtière crie.

Des formulaires en ligne seront bientôt disponibles sur le site du Conseil de gestion des ressources fauniques de la région marine d’Eeyou.

Avec les informations de Susan Bell et de Christopher Herodier, de CBC News

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