L’ONU appelle à l’action immédiate pour contrer les changements climatiques

Le rapport de plus de 3000 pages et rédigé par 234 scientifiques indique que le réchauffement a déjà accéléré l’élévation du niveau des mers et le rétrécissement des calottes glaciaires, en plus d’aggraver les vagues de chaleur, les inondations, les tempêtes et les sécheresses. Photo prise le 31 juillet 2019 à la Baie de Frobisher près d’Iqaluit, Nunavut, Canada. (Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne)

« Une alerte rouge pour l’humanité » : dans un rapport publié lundi, les Nations Unies avancent que le climat de la Terre se réchauffe tellement que les températures excéderont bientôt le seuil que les dirigeants mondiaux tentaient de ne pas franchir.

« C’est sûr que ça va s’empirer, a affirmé la co-auteure de l’étude Linda Mearns, une spécialiste du climat au National Center for Atmospheric Research. Je ne vois aucune région à l’abri. Nulle part où s’enfuir, nulle part où se réfugier. »

Toutefois, selon les scientifiques, les pires catastrophes climatiques ont moins de chance de se produire.

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui décrit les changements climatiques comme « sans équivoque » et clairement d’origine humaine, a publié des prédictions plus précises et plus graves pour le 21e siècle que dans sa dernière parution, en 2013.

Chacun des cinq scénarios pour l’avenir, basés sur la quantité d’émissions de carbone réduites, se fie au seuil le plus strict de l’accord de Paris.

Les dirigeants mondiaux avaient alors accepté de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius par rapport aux températures enregistrées au 19e siècle.

La limite établie est seulement à quelques dixièmes de degré du climat actuel. Le monde s’est déjà réchauffé de presque 1,1 degré dans le dernier siècle et demi.

Selon chaque scénario, le monde atteindra le réchauffement de 1,5 degré dans les années 2030, ce qui devance les projections publiées dans le passé. Le réchauffement s’est accéléré ces dernières années, selon des données.

Dans trois des scénarios, le monde va probablement dépasser 2 degrés de réchauffement par rapport à l’époque préindustrielle, avec de bien pires vagues de chaleur, sécheresses et pluie torrentielles, « à moins de couper drastiquement dans les émissions de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre dans les prochaines décennies », avance le rapport.

« Le rapport nous dit que les récents changements dans le climat sont généralisés et rapides et s’intensifient, du jamais vu dans les derniers milliers d’années », a expliqué la vice-présidente du GIEC, Ko Barrett.

Le rapport de plus de 3000 pages et rédigé par 234 scientifiques indique que le réchauffement a déjà accéléré l’élévation du niveau des mers et le rétrécissement des calottes glaciaires, en plus d’aggraver les vagues de chaleur, les inondations, les tempêtes et les sécheresses.

Par exemple, le type de vague de chaleur qui se produisait à chaque 50 ans a maintenant lieu une fois par décennie. Si le monde se réchauffait d’un autre degré, cela adviendrait chaque sept ans.

Tout en surnommant le rapport « une alerte rouge pour l’humanité », le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, garde espoir que les dirigeants mondiaux puissent prévenir le réchauffement de 1,5 degré. Photo d’archives prise le 23 juin 2021 au siège de la Commission européenne à Bruxelles en Belgique. (Kenzo Tribouillard/Pool Photo via AP)

Alors que la planète se réchauffe, certains endroits ne seront pas seulement frappés par des températures extrêmes, mais aussi par plusieurs catastrophes climatiques simultanées. C’est ce qui se produit dans l’ouest des États-Unis, où surviennent des vagues de chaleur, des sécheresses et des incendies de forêt.

Une certaine progression des changements climatiques est déjà « irréversible avant des siècles ou des millénaires », selon le rapport en raison de la quantité de gaz à effet de serre déjà libérée dans l’atmosphère.

Le monde est « condamné » à une hausse de 15 à 30 centimètres du niveau de l’eau d’ici la moitié du siècle, selon le co-auteur Bob Kopp, de l’Université Rutgers.

Presque l’entièreté du réchauffement de la Terre peut être imputable à des émissions de gaz retenant la chaleur, comme le dioxyde de carbone et le méthane. Les forces naturelles comme le soleil ou les simples coups du sort ne peuvent expliquer, tout au plus, qu’un ou deux dixièmes de degré de réchauffement.

Dans cinq rapports précédents, le monde était en voie de continuer d’augmenter ses émissions de pollution par le carbone. Cette fois-ci, le portrait est légèrement plus optimiste en raison des efforts mondiaux pour contrer les changements climatiques, avance la co-auteure Claudia Tebaldi.

Le monde pourrait respecter le seuil des 1,5 degré avec des coupures extrêmes et rapides des émissions. Le réchauffement atteindrait tout de même 1,5 degré dans une décennie, puis continuerait d’augmenter avant de redescendre.

Tout en surnommant le rapport « une alerte rouge pour l’humanité », le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, garde espoir que les dirigeants mondiaux puissent prévenir le réchauffement de 1,5 degré.

Dans le pire scénario du rapport, le monde pourrait être plus chaud d’environ 3,3 degrés à la fin du siècle. Mais cette éventualité est de moins en moins plausible, selon le climatologue Zeke Hausfather.

« Il est de moins en moins probable qu’on soit chanceux et que le monde se réchauffe moins qu’on le croyait. Nous n’atteindrons pas les seuils de l’accord de Paris sans des réductions à court terme de nos émissions. »

Le rapport avance que les catastrophes naturelles les plus graves, comme l’effondrement de calottes de glace et le ralentissement abrupt des courants océaniques, sont « peu plausibles », mais toujours possibles.

Plus de 100 pays se sont entendus non formellement à éliminer toute émission humaine de dioxyde de carbone au milieu du siècle, ce qui fera partie des négociations sur le climat cet automne en Écosse.

Samir Bendjafer, Regard sur l'Arctique

Samir Bendjafer est détenteur d'un bacalauréat en informatique de l'Université de Bab Ezzouar (Alger) et d'un diplôme en journalisme de l'Université de Montréal. En 1997, il entame sa carrière de journaliste en Algérie en pleine révolution internet dans les journaux , avant le passage au journalisme 2.0 et les médias sociaux. A partir de 2005, Il a travaillé comme correspondant de presse basé à Montréal tout en publiant régulièrement dans les médias locaux montréalais. Sa curiosité et son penchant naturel à aller au-delà des apparences sont à la base de sa passion pour le journalisme.

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