Une artiste autochtone du Yukon, au Canada, en lice pour un prestigieux prix d’art contemporain

L’artiste Krystle Silverfox, membre de la Première Nation de Selkirk au Yukon, est l’unique représentante des trois territoires, pour le prix Sobey pour les arts. Sa création appelée « All that glitters is not gold » (que l’on peut traduire par « Tout ce qui brille n’est pas or ») a été présentée en novembre 2021 à Whitehorse dans le cadre du Prix du Yukon pour les arts visuels. (Nelly Guidici/L’Aquilon)
L’artiste Krystle Silverfox, membre de la Première Nation de Selkirk au Yukon, est en lice pour un prestigieux prix d’art contemporain. Elle fait partie des 25 artistes finalistes pour le prix Sobey pour les arts et est l’unique représentante des territoires. Créée il y a 20 ans, cette distinction est considérée comme la plus prestigieuse sur la scène des arts visuels contemporains au Canada et est administrée conjointement par le Musée des beaux-arts du Canada et la Fondation Sobey pour les arts.

Le prix vise plusieurs catégories couvrant cinq zones géographiques. C’est pour la région côte ouest et Yukon que Krystle Silverfox s’est démarquée. Surprise et heureuse de cette nouvelle, l’artiste voit dans cette nomination une reconnaissance de son parcours artistique.

« Ça a été une très grande surprise! Être considérée comme une artiste par une telle institution artistique est un compliment. Je ne m’attendais pas du tout [à cette nomination] et je suis encore sous le choc », dit-elle en entrevue.

C’est la force, la lucidité, mais aussi la sensibilité qui se dégagent des créations de l’artiste qui ont retenu l’attention du jury.

« Krystle s’attache à chaque aspect de son travail, puisant dans son expérience et ses connaissances héritées en tant que femme tutchone du Nord, pour raconter des histoires visuelles puissantes. Son art engage de manière réfléchie les pratiques et l’histoire de la nation Selkirk, et je pense qu’elle représente ce qui rend l’art contemporain si pertinent dans le Canada d’aujourd’hui », indique un membre du jury qui préfère garder l’anonymat.

L’identité, moteur de création

Artiste visuelle interdisciplinaire, à travers des médiums tels que la peinture, la photographie, la sculpture ou le tissage, Krystle Silverfox explore de multiples thèmes qui lui tiennent à cœur comme la justice sociale, le féminisme ou encore sa propre identité.

« J’aime penser que ma démarche artistique est enracinée dans ma propre identité. Quand je pense à mon identité, je pense à un mélange de tout un tas d’endroits, d’idées et de cultures différentes, explique l’artiste qui a grandi en Colombie-Britannique. Ma pratique artistique me permet de communiquer ces idées par l’intermédiaire de créations visuelles sans que j’aie à décrire qui je suis. »

L’importance des matériaux

Bien souvent, Krystle Silverfox se laisse guider par les matériaux qu’elle choisit, avant même d’avoir une idée précise de la phase finale de son projet. Pour elle, c’est le support qui se fait vecteur du message articulé par la pièce artistique. Consciente que les arts conceptuels ne sont pas forcément accessibles à tout public, elle considère les matériaux comme une composante essentielle de sa création qui renforce son expression artistique et personnelle.

« Les matériaux que j’utilise m’indiquent souvent la direction dans laquelle je vais avec mon projet. »

Finaliste au prix du Yukon pour les arts visuels

Ce prix, remis pour la première fois en novembre 2021, vise à reconnaître l’excellence des artistes visuels du Yukon et ainsi promouvoir cette scène artistique nordique à l’échelle nationale et internationale. Finaliste pour ce prix aux côtés de cinq autres artistes, Krystle Silverfox a présenté une pièce tout à fait unique appelée All that glitters is not gold (que l’on peut traduire par « Tout ce qui brille n’est pas or »).

Cette installation, qui a nécessité une année de travail et de recherches, explore l’identité et les relations complexes entre les Premières Nations, les corporations minières et le gouvernement fédéral dans le territoire dont la ruée vers l’or tient une place prépondérante dans l’histoire du Yukon. La couverture inachevée, qui est la pièce centrale de l’installation, fait référence à l’interdiction des cérémonies de potlatch par le gouvernement fédéral, tandis que les pièces de monnaie disposées sur le sol font référence aux mines de cuivre situées sur les territoires traditionnels des Premières Nations au Yukon.

Cette œuvre majeure de l’artiste, qu’elle décrit comme une création intense, est aussi son projet final remis dans le cadre du programme de maîtrise des Beaux-Arts de l’Université Simon Fraser à Vancouver qu’elle a obtenue en 2019.

Nelly Guidici, L'Aquilon

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