Nord canadien : vigilance accrue après 31 cas actifs de tuberculose dans un village

Le village de Pangnirtung, sur l’île de Baffin, au Nunavut (Petr Kahanek/iStock)
Le ministère de la Santé du Nunavut continue d’effectuer des tests et déploie des ressources pour endiguer l’éclosion de tuberculose à Pangnirtung, un village de l’île de Baffin.

La semaine dernière, des médias ont appris que le ministère avait recensé au cours des derniers mois environ 110 cas de tuberculose latente et 31 cas actifs. Ce bilan n’a pas évolué cette semaine, selon le ministère de la Santé.

Le 25 novembre dernier, le directeur de la santé publique du Nunavut, le Dr Michael Patterson, avait annoncé le début d’une éclosion de tuberculose dans le village d’environ 1600 habitants. Les autorités de la santé publique n’avaient pas diffusé de bilan des cas à l’époque.

Six mois plus tard, on compte plus d’une trentaine de cas actifs.

La tuberculose, une maladie respiratoire causée par une bactérie, est traitable et guérissable si le patient est adéquatement pris en charge. Sinon, elle peut être mortelle.

Elle se propage par voie aérienne, par la toux ou les éternuements. Les symptômes sont de la fièvre et des sueurs nocturnes, de la fatigue, une toux douloureuse qui dure souvent plus de trois semaines et de l’essoufflement. Les personnes atteintes doivent s’isoler.

L’infection tuberculeuse latente est un état où une personne est infectée par la bactérie de la tuberculose, mais où celle-ci est dormante. La personne atteinte ne présente aucun symptôme et n’est pas contagieuse. Dans certains cas, une infection latente peut devenir active.

Plus de moyens requis

Questionné au sujet des mesures mises en place pour lutter contre la maladie, un porte-parole du ministère de la Santé explique que des tests continuent d’être effectués auprès de la population et que les patients reçoivent les soins requis.

« Le personnel du centre de santé [de Pangnirtung] a été réaffecté pour soutenir des fonctions spécifiques dans le programme de lutte contre la tuberculose : de nouveaux observateurs directs en thérapie ont été embauchés, les infirmières en soins à domicile actuelles ont été formées et des ambulanciers paramédicaux ont été ajoutés », explique Chris Puglia dans un courriel.

Du personnel additionnel a été formé pour les radiographies, ajoute-t-il.

Les autorités de santé publique continuent aussi le traçage de cas et les activités de sensibilisation sur la maladie.

Les entraves à l’éradication

La tuberculose a été pratiquement éradiquée dans les régions du Sud, mais les communautés du Nord connaissent des résurgences en raison des conditions de vie, des logements surpeuplés et de l’accès déficient aux soins de santé.

En 2020, la prévalence de la maladie était 15 fois plus élevée chez les Inuit que dans l’ensemble de la population canadienne, selon l’Agence de la santé publique du Canada.

Selon un rapport de 2018 de l’Agence de la santé publique, le taux annuel moyen de tuberculose chez les Inuit était plus de 290 fois plus élevé que chez les non-Autochtones nés au Canada.

Habituellement, le Nunavut ne diffuse pas d’informations sur les cas de tuberculose dans chaque communauté, en raison de la stigmatisation entourant la maladie et des craintes pour la vie privée.

Néanmoins, le commissaire à l’information et à la protection de la vie privée du Nunavut, Graham Steele, a estimé en février que le territoire devait faire preuve de plus de transparence et diffuser davantage d’informations sur les cas de tuberculose pour des raisons d’intérêt public et de saine gestion.

Le Canada avait promis en 2018 d’éradiquer la tuberculose dans les communautés inuit avant 2030. Mais les ressources manquent pour le faire. Le Nunavut fait notamment face à une pénurie criante d’infirmières.

La lutte contre la tuberculose a aussi pâti de la pandémie de COVID-19, qui a retardé les efforts pour éradiquer la maladie.

Avec des informations de CBC

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