Canada : les forêts des T.N.-O. emmagasinent souvent plus de carbone que n’en émet le territoire

Les forêts des T.N.-O. renfermeraient des milliards de tonnes de carbone. (Liny Lamberink/Radio-Canada)
Les forêts des Territoires du Nord-Ouest ont absorbé plus de carbone que le territoire n’en a émis lors de 25 des 30 dernières années, selon un rapport de Ressources naturelles Canada sur l’état des forêts du territoire.

« La forêt est une ressource énorme et, pour être honnête, ça me dépasse », reconnaît Jakub Olesinski, écologiste forestier au ministère de l’Environnement du territoire et l’un des auteurs du rapport.

Les réserves de carbone sont un « instantané » du carbone présent dans les forêts à un moment donné. Selon le rapport, l’écorégion de la taïga des plaines des T.N.-O., où se trouvent la plupart des forêts du territoire, renfermerait environ 3 milliards de tonnes de carbone.

La forêt a une capacité de croissance dans le temps, ce qui signifie qu’elle absorbe le carbone, mais aussi qu’elle respire, ce qui libère le carbone, et qu’elle se décompose, ce qui libère également le carbone.Jakub Olesinski, écologiste forestier au ministère de l'Environnement des T.N.-O.

Selon lui, il est important d’étudier plutôt la fluctuation du carbone, car les forêts peuvent être un puits de carbone ou une source de carbone d’une année à l’autre.

Par exemple, en 2019 seulement, les forêts aménagées, qui ne représentent que 17 % de toutes les forêts du territoire, ont capturé 14 millions de tonnes de dioxyde de carbone.

Dans le même temps, selon le dernier rapport d’Environnement et Changement climatique Canada sur le sujet, les Territoires du Nord-Ouest ont émis seulement 1,6 million de tonnes de dioxyde de carbone, soit environ neuf fois moins.

Les seules années où le territoire a émis plus de carbone que ses forêts n’en ont absorbé ont été les années 1994, 1995, 1998, 2014 et 2015, des années où des feux de forêt ont particulièrement touché le territoire. L’année 2014 reste la pire en la matière, avec 94,5 millions de tonnes de carbone relâchées dans l’atmosphère.

Steven Nitah, basé à Yellowknife, est le directeur de Nature for Justice Canada. (Sheldon Alberts/Conservation Through Reconciliation Partnership)

Pour Steven Nitah, le directeur de Nature for Justice Canada, la capacité de ces écosystèmes à retenir de telles quantités de carbone leur confère une « importance mondiale ».

Il appelle à ce que le gouvernement se serve des données du rapport pour gérer les écosystèmes de façon à assumer ses responsabilités envers le reste du monde.

Il espère surtout que le gouvernement ne verra pas dans le fait d’avoir ces forêts une sorte de permis pour continuer d’émettre la même quantité de carbone à l’avenir.

Avec les informations de Liny Lamberink

Radio-Canada

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