L’isolement en cellule difficile à éliminer, soutiennent les autorités d’un territoire du Nord canadien

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Le rapport d’inspection indépendant ordonné par le territoire l’automne dernier et terminé en mai propose 40 mesures pour améliorer les services en santé mentale, réduire l’utilisation de l’isolement cellulaire et ajuster les services aux besoins culturels autochtones. Le centre correctionnel de Whitehorse a ouvert ses portes en mars 2012 et peut accueillir jusqu’à 190 détenus. (Cheryl Kawaja/Radio-Canada)
Le rapport indépendant d’inspection du Centre correctionnel de Whitehorse (capitale du Yukon, dans le nord-ouest du Canada), rendu public mercredi, propose 40 mesures pour améliorer le quotidien des détenus. Mais la fin des cellules d’isolement n’est pas pour autant à l’ordre du jour.

Parmi les mesures proposées figurent des pistes pour améliorer les services en santé mentale, réduire le recours à l’isolement cellulaire et mieux ajuster culturellement les services aux Autochtones, qui représentent plus de 60 % des détenus.

La polémique entourant l’isolement cellulaire au centre correctionnel de Whitehorse a été mise au jour par le célèbre cas de Michael Nehass, dont les problèmes de santé mentale ont poussé le personnel à avoir recours à l’isolement cellulaire jusqu’à 23 heures sur 24 pendant des mois.

L’affaire a conduit le gouvernement à ordonner l’automne dernier une inspection indépendante des services correctionnels dont le rapport a été remis aux autorités en mai.

La ministre de la Justice, Tracy-Anne McPhee, affirme qu’un groupe de travail avec des représentants des Premières Nations se penchera prochainement sur la mise en oeuvre des recommandations. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
« Notre gouvernement accepte les recommandations de M. Loukidelis. Nous améliorerons la façon de livrer les programmes et les services au Centre correctionnel de Whitehorse pour tous les détenus et améliorerons le soutien à ceux qui ont des problèmes de santé mentale et de dépendance. »

Tracy-Anne McPhee, ministre de la Justice
Des règles pour l’isolement cellulaire

L’inspecteur David Loukidelis soutient dans son rapport que l’isolement cellulaire ne devrait être utilisé que comme dernier recours, en fonction de règles très précises et strictes, seulement pour la protection des prisonniers contre l’automutilation ou le suicide dans le cas de détenus souffrant de problèmes de santé mentale, et jamais plus de 24 à 48 heures pour un maximum de 15 jours par année.

Si le gouvernement accepte en principe les recommandations du rapport à ce chapitre, il soutient aussi qu’il faut faire davantage de recherches en la matière et qu’aucune autre province n’a été en mesure jusqu’ici, à la fois, de restreindre de façon importante l’isolement cellulaire et de préserver la sécurité des autres détenus et du personnel.

Le sous-ministre adjoint à la Justice, Allan Lucier, affirme que la priorité dans la mise en oeuvre ira aux mesures proposées pour améliorer les services en santé mentale. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
« Le problème de la limite de jours pour l’isolement cellulaire, c’est la difficulté de gérer la sécurité individuelle, la sécurité d’un groupe, la sécurité du personnel et de l’établissement. Nous n’avons qu’un seul établissement dans ce territoire. »

Allan Lucier, sous-ministre adjoint à la Justice

Le sous-ministre adjoint Allan Lucier affirme par ailleurs que tout le pays se penche sur la question épineuse de l’isolement cellulaire, comme dans la province de l’Ontario où un tribunal des droits de la personne a ordonné que cette mesure ne soit plus utilisée pour les détenus ayant des problèmes de santé mentale, sauf dans des cas exceptionnels.

Le rapport souligne toutefois qu’au cours des dernières années le nombre de jours d’isolements n’a cessé de diminuer, passant de 1134 jours en 2014 à 534 en 2016.

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Radio-Canada

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