Le dernier film du cinéaste inuk Zacharias Kunuk sera présenté au TIFF

Le court-métrage « Angakuksajaujuq : The Shaman’s Apprentice », du cinéaste inuk Zacharias Kunuk, est inspiré d’un mythe inuit de l’île de Baffin. (Levy Uttak / Fournie par Isuma Distribution International)

Le réalisateur inuk Zacharias Kunuk présentera son dernier court-métrage, Angakuksajaujuq : The Shaman’s Apprentice, en grande première nord-américaine au Festival international du film de Toronto.

Le court-métrage d’animation, qui s’adresse principalement à des enfants, est inspiré d’un mythe inuit du nord de l’île de Baffin. Il raconte l’histoire d’une jeune chamane en devenir qui en est à son premier voyage spirituel.

« C’est un aîné qui m’a raconté cette histoire remontant à bien avant l’époque où les Européens sont arrivés dans cette partie-ci du monde », explique le réalisateur Zacharias Kunuk, en entrevue depuis Igloolik.

Aidée par sa grand-mère, une jeune Inuk effectue son premier voyage spirituel pour rencontrer Sedna (« Kannaaluk », en inuktitut), la maîtresse des mammifères marins. (Fournie par Isuma Distribution International)

La jeune chamane doit rencontrer Kannaaluk (« la grande d’en bas », en inuktitut), aussi connue sous le nom de Sedna, la maîtresse des mammifères marins, pour savoir pour quelle raison un membre de la communauté voisine est tombé malade.

« Traditionnellement, quand les Inuit étaient malades, ils allaient voir un chaman ou une chamane », dit l’actrice et réalisatrice Lucy Tulugarjuk, qui prête sa voix à la jeune chamane. « Nos ancêtres ont survécu jusqu’à aujourd’hui grâce aux pratiques découlant de leur savoir traditionnel. »

Faire connaître la culture inuit

Zacharias Kunuk se réjouit de voir son dernier film se tailler une place à la prochaine édition du festival. Il y voit surtout l’occasion de faire briller la culture inuit et de mieux la faire connaître au grand public.

Avec ce film, je souhaite que les gens commencent à parler des pratiques de nos ancêtres.Zacharias Kunuk, réalisateur

Il explique que le chamanisme a considérablement perdu son souffle après l’arrivée du christianisme dans le Nord.

Zacharias Kunuk est à la fois réalisateur, producteur, monteur et sculpteur. (Levy Uttak / Fournie par Isuma Distribution International)

« J’ai très hâte de faire connaître [le film] au monde entier, mais aussi à mon peuple », affirme Lucy Tulugarjuk. « Puisque beaucoup d’Inuit sont chrétiens, il arrive souvent que les personnes qui ne sont pas des aînées ne veuillent pas parler de chamanisme. »

« Je ne pense pas que ce soit juste », poursuit-elle. « [Le chamanisme] fait partie de notre identité et de notre passé. »

La réalisatrice inuk Lucy Tulugarjuk a doublé la voix du personnage principal du court-métrage. Elle est aussi la directrice de la chaîne Uvagut TV, dont la programmation est en langue inuit. (Megan Williams / CBC)
Un succès de longue date

Zacharias Kunuk s’est fait connaître à l’international pour son film Atanarjuat : la légende de l’homme rapide (Atanarjuat : The Fast Runner), qui a obtenu la Caméra d’or au Festival de Cannes en 2001. Il est aussi l’un des fondateurs du collectif d’artistes Isuma.

En 2018, il a présenté au TIFF son long-métrage One Day in the Life of Noah Piugattu, qui dresse le portrait d’un chasseur nomade forcé de s’établir dans un logement permanent.

Angakuksajaujuq : The Shaman’s Apprentice a été coproduit par Taqqut Productions et Kingulliit Productions, deux compagnies inuit.

Lucy Tulugarjuk, qui est aussi derrière la chaîne de télévision en langue inuit Uvagut TV, souhaiterait que le film soit diffusé à cette antenne.

Le court-métrage sera projeté au 46e Festival international du film de Toronto, du 9 au 15 septembre. Au mois de juin, il a été présenté au Festival international du film d’animation d’Annecy, en France.

Matisse Harvey, Radio-Canada

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