L’Inde et la Russie visent un renforcement de leur partenariat dans l’Arctique

Le complexe gazier de Sabetta, dans le nord de la Russie (Alex Sergeev/Radio-Canada)
De hauts représentants de l’Inde et de la Russie se sont rencontrés la semaine dernière à Moscou pour discuter des multiples facettes de leur partenariat dans la région arctique, laissant entrevoir une collaboration plus étroite des deux puissances au nord du 66e parallèle.

Le secrétaire du ministère des Affaires extérieures de l’Inde, Sanjay Verma, a rencontré Nikolay Korchunov, l’ambassadeur de la Russie pour les affaires arctiques et président des hauts fonctionnaires du Conseil de l’Arctique, pour discuter de divers enjeux concernant le Grand Nord, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Les consultations ont réuni des représentants du ministère russe du Développement de l’Extrême-Orient et de l’Arctique, de la société d’État Rosatom, de l’Institut de recherche sur l’Arctique et l’Antarctique et de l’Association des peuples autochtones du Nord, de la Sibérie et de l’Extrême-Orient de la Fédération de Russie, peut-on lire dans le communiqué.

« Les perspectives d’approfondissement de la coopération russo-indienne dans les hautes latitudes dans les formats bilatéraux et multilatéraux, y compris le Conseil de l’Arctique, ont été discutées », poursuit le gouvernement russe. 

Les représentants de l’Inde et de la Russie « ont noté l’important potentiel de promotion de la coopération » dans les domaines de l’économie, des transports, de la science et de la culture, « y compris des contacts par le biais d’organisations régionales et publiques ».

Finalement, l’Inde a été invitée à participer au « segment arctique » du prochain Forum économique de l’Est à Vladivostok du 5 au 8 septembre. Cette rencontre doit comprendre une présentation sur le potentiel d’investissement des régions russes.

L’Inde lorgne en direction du Nord

Début 2022, New Delhi avait publié son ambitieuse politique sur l’Arctique. Il y est question de la mise en place de programmes de recherche scientifique, du renforcement de la coopération maritime avec divers pays et de l’exploration des richesses minérales, notamment.

À l’instar d’autres puissances émergentes qui lorgnent du côté de l’Arctique, l’Inde a conclu un partenariat avec Moscou pour pouvoir accéder aux ressources et aux routes maritimes de cette zone.

L’Inde est désormais un des acheteurs privilégiés de la Russie pour son pétrole et son gaz dont une grande partie provient de la Sibérie et de l’Arctique depuis l’imposition de sanctions par les pays occidentaux à la suite de l’invasion russe en Ukraine.

Comme l’expliquait récemment le chercheur à l’Arctic Institute Nima Khorrami, en entrevue à Regard sur l’Arctique, l’Inde veut pouvoir utiliser les routes maritimes et terrestres plus courtes entre le pays, les marchés européens et la Russie. Elle veut ainsi pouvoir contrer le grand plan d’infrastructures routières et maritimes de la Chine, baptisé « une Ceinture, une route », grâce à son propre grand projet de « Corridor de transport international nord-sud ».

Cela dépend de l’accroissement projeté du trafic maritime dans l’Arctique russe dans les prochaines décennies avec le retrait des glaces, en raison du réchauffement climatique.

New Delhi, qui veut s’imposer face à son rival chinois, entend également sécuriser son avenir énergétique en ayant accès à des ressources énergétiques abondantes provenant de diverses sources. Le pays a toutefois investi bien peu dans l’Arctique russe à ce jour en comparaison avec la Chine, rappelle M. Khorrami.

L’Inde fait aussi partie des 13 États observateurs du Conseil de l’Arctique, ce forum intergouvernemental qui se compose des huit pays arctiques (Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Suède, Russie) et de six organisations internationales de peuples autochtones à titre de participants permanents.

Rappelons que les travaux du Conseil de l’Arctique, présidé jusqu’en 2023 par la Russie, sont essentiellement bloqués en raison des clivages provoqués par l’invasion de l’Ukraine.

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