Feux de forêt : moment émouvant pour la cheffe de Kátł’odeeche face à l’ampleur des dommages

La cheffe de la Première Nation Kátł’odeeche, April Martel, dit que c’est difficile de voir la destruction causée par le feu de forêt dans sa communauté, après une visite sur les lieux lundi. (Radio-Canada/Carla Ulrich)

La cheffe de la Première Nation Kátł’odeeche, April Martel, a pu voir de ses propres yeux l’ampleur des dommages causés par un feu de forêt dans sa communauté des Territoires du Nord-Ouest, qui est encore loin de s’en être remise et dont les résidents sont encore évacués.

La cheffe a finalement pu entrer dans la réserve lundi, environ deux semaines après le passage de l’incendie qui brûle toujours aux alentours. Selon les autorités, le feu est circonscrit, mais non maîtrisé.

« C’était émotif de se rendre sur place. J’essaie de rester positive, et je sais que nous pouvons reconstruire et que nous allons le faire […] Je pleure quand je vois des choses pareilles, et c’était émouvant quand j’ai commencé à me rendre plus loin dans la communauté », dit Mme Martel.

Ce feu a forcé l’évacuation des résidents de Hay River et de Kátł’odeeche le 14 mai.

Depuis, les résidents de Hay River ont pu retourner dans leur communauté, non touchée par le feu de forêt, mais ceux de la Première Nation attendent toujours. Les autorités ont répertorié 15 bâtiments endommagés et la cheffe Martel a indiqué en entrevue avec CBC que 18 familles ont perdu leur maison. Cinq autres bâtiments importants de la Première Nation ont aussi été détruits.

Deux pompiers déployés sur le terrain en mai 2023, près de Hay River. (Photo : gouvernement des Territoires du Nord-Ouest)

April Martel dit aussi que les bureaux administratifs du conseil de bande sont partis en flamme. Elle préfère ne pas s’étendre sur le nombre total de bâtiments endommagés et attend les résultats de l’évaluation en cours. « Je ne veux pas donner de chiffres avant que le tout soit finalisé. »

Elle a quand même pu donner une idée de ce qui a été perdu dans les bureaux administratifs : des artefacts, des photos, des œuvres d’art provenant d’aînés de la communauté, une copie de la carte du Traité no 8, une peau d’orignal et de l’équipement appartenant à la division des terres, dont trois nouveaux drones.

Aucune image de la destruction

Selon April Martel sa visite de lundi a été difficile, mais nécessaire, surtout pour les employés de la Première Nation qui devront plaider la cause de la communauté aux autorités gouvernementales. Je voulais qu’ils soient sur le terrain et je leur ai dit, « C’est la raison pour laquelle vous travaillez. »

Cette carte montre la superficie du feu de forêt le 22 mai lorsque les communautés de Hay River et Kátł’odeeche étaient toujours sous un ordre d’évacuation. (Photo : ministère de l’Environnement et du Changement climatique)

La Première Nation n’a pas encore partagé de photos de la communauté. La cheffe déconseille aux gens de le faire, car les membres de la réserve n’ont pas encore eu la possibilité de constater les dommages eux-mêmes. « Les gens n’ont pas vu leur maison brûlée […] Ils n’ont pas vu cette catastrophe dans la communauté. Et j’essaie de dire aux gens de rester respectueux », indique-t-elle.

Une date de retour toujours incertaine

Il y a encore beaucoup de travail à faire dans la communauté avant de permettre aux résidents de retourner chez eux, dit la cheffe, en ajoutant que [des employés] du ministère de l’Environnement et du Changement climatique sont toujours sur le terrain.

L’électricité n’est toujours pas de retour, et la compagnie Northlands répare et remplace les poteaux électriques qui ont brûlé. Des pompiers ont aidé à disposer de la nourriture dans les réfrigérateurs et les congélateurs.

April Martel espère que les résidents pourront revenir dans les prochains jours, ou d’ici une semaine. Cela pourrait être plus long et rien n’est fixé pour le moment. Des campements de travailleurs seront emménagés pour ceux qui ont perdu leur maison. Le plan est de construire de nouvelles maisons en collaboration avec les familles touchées qui pourront donner leur avis sur les plans.

Mme Martel dit que beaucoup de résidents sont frustrés et se sentent seuls. Quelques-uns sont en colère. « Ça ne m’a pas encore vraiment atteint. Je ne sais pas si vous comprenez cela », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’avant ce drame, sa communauté était aux prises avec beaucoup de traumatismes.

« On a besoin de travailleurs en santé mentale dans la communauté. Il faut vraiment travailler à la guérison des gens et à l’entraide. »

Avec les informations de Liny Lamberink

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