Pas d’interprétation en français pour les visiteurs à l’Assemblée législative d’un territoire du Nord canadien

L’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest, sur le bord du lac Frame à Yellowknife. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)
Pour la première fois, l’interprétation en français est disponible à toutes les séances de la 19e Législature des Territoires du Nord-Ouest, dans le Nord canadien, mais vous ne l’entendrez pas.

Bien que l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest ait sensiblement renforcé son service d’interprétations des débats cet automne, les visiteurs qui observent les échanges des parlementaires ne bénéficient pas de l’interprétation en français ni dans trois autres langues autochtones. Les enregistrements des interprétations des débats ne seront en outre rendus publics qu’après la session parlementaire.

Pour la première fois depuis des années, la majorité des 11 langues officielles du territoire bénéficie d’un interprète parlementaire. Cet automne, l’Assemblée offre aux députés l’interprétation en tli?cho, en dënesuli?né, en esclave du Sud, en esclave du Nord, en inuktitut, en inuvialuktun, en français et, tout nouvellement, en gwich’in. Ces interprètes assurent également l’interprétation en anglais depuis leur propre langue.

Or les chaînes sur lesquelles sont diffusés le français et le gwich’in ne sont pas captées dans les gradins. Les oreillettes remises aux visiteurs accueillent seulement huit pistes audios. Les deux premières sont réservées au plancher de la Chambre et à l’anglais. Les six pistes restantes sont attribuées dans l’ordre des cabines d’interprète. Le français se trouve à la piste 8 qui n’est pas accessible.

« En raisons des limites qu’imposent nos infrastructures, le public de la galerie n’a pas d’accès à l’interprétation en français, admet le service des communications de l’Assemblée dans un courriel. Mais nous envisageons différentes options pour remédier à la situation au courant de la présente législature. »

Si l’Assemblée retenait les services d’interprète cri et inuinnaqtun comme elle indique s’y affairer, le problème se poserait vraisemblablement pour ces langues également.

Toutes les pistes d’interprètes sont disponibles aux pupitres des députés et du greffier de la chambre ainsi que via certaines prises audios à l’usage des médias.

Retransmission des débats

La retransmission en direct des débats est toujours offerte sur le site Web et la chaine YouTube de l’Assemblée. C’est la piste de langue anglaise, et non celle du plancher de la Chambre, qui est retransmise. La diffusion de la piste anglaise est ensuite archivée sur la chaine YouTube de l’Assemblée.

Le plancher et les autres interprétations des débats ne sont pas webdiffusés et ne sont pas archivés au fur et à mesure. Mais l’Assemblée assure qu’elle les enregistre. L’intention est de les mettre en ligne à la fin de la session parlementaire.

Pourquoi ne pas publier les enregistrements dès la fin des séances, alors ? « Il s’agit d’une question de personnel, répond le service des communications de l’Assemblée. La piste [anglaise] est mise en ligne immédiatement parce qu’elle est diffusée en direct. Puisque nous offrons plusieurs langues et que les ressources humaines affectées au service de retransmission des débats sont limitées (un seul membre du personnel), cela prend du temps pour publier les autres langues, mais nous faisons le nécessaire pour qu’elles soient téléversées dès que possible. »

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Batiste Foisy, L'Aquilon

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