Des entreprises s’engagent à ne plus naviguer dans les eaux de l’Arctique

Huit entreprises se sont jointes à l’initiative Arctic Corporate Shipping Pledge, une campagne lancée au mois d’octobre par l’organisme environnemental Ocean Conservancy et la multinationale américaine Nike pour réduire le trafic maritime dans les eaux arctiques. (David Goldman/AP via La Presse canadienne)
Huit entreprises et multinationales ont emboîté le pas à un collectif international qui s’est engagé à ne plus traverser l’océan Arctique pour acheminer ses marchandises.

Mardi, huit entreprises se sont jointes à l’initiative Arctic Corporate Shipping Pledge, une campagne lancée au mois d’octobre par l’organisme environnemental Ocean Conservancy et la multinationale américaine Nike.

L’initiative vise principalement à réduire le trafic maritime dans les eaux arctiques; une industrie responsable de 2,2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l’Organisation maritime internationale (OMI).

Le directeur de la campagne, Daniel Hubbell, se réjouit de l’engouement international que suscite le projet. « Je pense que [cette décision] envoie un message clair, affirme-t-il. L’Arctique n’est pas un raccourci [et] nous avons le devoir de mettre en place des mesures pour réduire les effets du transport maritime parce qu’elles sont indispensables pour la région. »

Parmi les nouveaux signataires figurent entre autres Ralph Lauren Corporation, PUMA, Küehne + Nagel, Aritzia et Bureo. Cette décision porte désormais à 21 le nombre d’entreprises qui se sont engagées à ne plus naviguer dans les eaux arctiques.

Selon Ocean Conservancy, l’initiative vise aussi à reconnaître l’importance d’instaurer des politiques préventives en matière de trafic maritime dans l’Arctique et à explorer d’autres manières de réduire les émissions de gaz à effet de serre causées par ce secteur.

« Les entreprises doivent cesser de voir les eaux de l’Arctique comme un raccourci pour se rendre d’un point A à un point B sans penser aux risques pour les communautés et l’écosystème. »

Daniel Hubbell, directeur de la campagne Arctic Corporate Shipping Pledge pour Ocean Conservancy

Même s’il se réjouit de cette mobilisation, Daniel Hubbell croit que la communauté internationale devra redoubler d’efforts pour limiter les risques environnementaux liés au transport maritime dans la région. « L’une des prochaines étapes sera notamment de s’entendre sur des voies navigables sécuritaires et de s’assurer qu’elles n’affectent pas ou ne traversent pas des écosystèmes vulnérables », ajoute-t-il.

Engouement grandissant

La fonte précoce des glaces et la réduction de la couverture de glace ont contribué à accélérer le transport maritime ces vingt dernières années.

En 2016, un premier navire de croisière de luxe, le Crystal Serenity, a pu traverser le passage du Nord-Ouest. L’année suivante, le méthanier russe Christophe de Margerie est devenu le premier navire de ce type à naviguer à travers la route maritime du Nord, le long de la côte de la Russie.

Sans oublier l’engouement grandissant de la Chine pour cette région, à travers laquelle elle entrevoit d’importants potentiels économiques. Au mois de mai, l’entreprise maritime chinoise COSCO a pour sa part annoncé qu’elle comptait accroître ses déplacements sur la voie maritime de l’Arctique.

Ces activités croissantes s’accompagnent toutefois de risques de déversements de carburant et d’autres contaminants liés au transport, ce qui augmente la vulnérabilité des populations locales et des écosystèmes marins. Certains experts croient d’ailleurs que le Canada est encore mal outillé pour réagir à de tels scénarios.

Les 174 pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) se sont récemment entendus sur une nouvelle réglementation pour réduire les émissions de dioxyde de soufre provenant des navires. Cette norme, entrée en vigueur le 1er janvier, doit faire passer de 3,5 % à 0,5 % la limite de concentration de soufre contenu dans le carburant des navires, selon l’OMI.

Dans son dernier rapport sur l’océan et la cryosphère, rendu public au mois de septembre, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a insisté sur l’urgence d’agir à l’échelle internationale pour empêcher les scénarios climatiques les plus catastrophiques de se concrétiser.

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