Dans le Grand Nord canadien, des chercheurs se penchent sur la résilience du réseau routier

En septembre 2022, de fortes pluies dans la région du Klondike ont causé plusieurs glissements de terrain et forcé la fermeture de la route Klondike Nord. (Chris Macintyre/Radio-Canada)
Une équipe de chercheurs de l’Université du Yukon se penche sur l’impact des changements climatiques sur les routes du territoire. Elle souhaite trouver des solutions concrètes pour améliorer la résilience du réseau de transport commercial touché notamment par la fonte du pergélisol.

Ottawa a annoncé, mardi, un financement de 3,4 millions de dollars pour soutenir ce projet de recherche qui s’échelonnera sur cinq ans.

« Comme le Yukon compte de nombreuses communautés éloignées, nos chaînes d’approvisionnement dépendent de la durabilité de notre infrastructure routière », indique le député fédéral du Yukon, Brendan Hanley, dans un communiqué.

Les chercheurs installeront des stations de surveillance à des endroits stratégiques le long des axes routiers principaux, notamment la route de l’Alaska, la route Klondike et la route Dempster.

Avec son équipe, le professionnel principal de la recherche sur les changements climatiques, Benoit Turcotte, déclinera sa recherche sur trois volets. Le premier étudiera le débit d’eau qui peut augmenter en raison d’une hausse des précipitations et de la fonte des neiges et l’impact qu’il peut avoir sur les routes.

[Au Yukon] dès qu’on a fait des routes, on s’est rendu compte que ces routes-là ne se comportaient pas comme les routes dans le sud, ici on a vraiment des problèmes avec la circulation de l’eau lors de la période hivernale.Benoit Turcotte, Université du Yukon
Cette photo aérienne prise en 2021 montre l’effondrement d’une section du pergélisol qui a entraîné un glissement de terrain dans le fleuve Yukon, près de Whitehorse. Cela s’est produit tout près de la route de l’Alaska, bien visible dans le bas de la photo. (Université du Yukon)

« Construire une route sur le pergélisol a toujours été problématique », renchérit le titulaire de la chaire de recherche sur le pergélisol et les sciences de la Terre de l’Université du Yukon, Fabrice Calmels, dont l’équipe participera également au projet.

Le deuxième volet vise à surveiller l’érosion des sols grâce à une série de caméras et de détecteurs. Les chercheurs veulent aussi étudier dans le troisième volet l’épaisseur des glaces, car celle-ci peut, par exemple, bloquer les ponceaux l’hiver et empêcher l’écoulement de l’eau lorsque la fonte survient.

Notre objectif est de rendre cela moins coûteux, mais aussi un peu plus respectueux de l’environnement. Plutôt que de laisser tourner des génératrices au diesel pendant plusieurs jours pour faire fondre la glace, on essaie de trouver des techniques qui sont un peu plus axées, par exemple, sur l’énergie solaire ou simplement sur un bris mécanique de la glace qui est beaucoup plus efficace.Benoit Turcotte, Université du Yukon

« Nous sommes en contact avec différentes instances au gouvernement pour que, lorsqu’il y aura des projets de remplacement de pont et de ponceau, nous puissions nous asseoir à la table avec elles et évaluer ce qu’il est possible de faire pour que ces remplacements soient vraiment adaptés aux changements climatiques », ajoute le chercheur.

L’impact du pergélisol sur les routes

L’aspect hydrologique ne sera pas le seul envisagé durant ce projet puisque la chaire de recherche sur le pergélisol et les sciences de la Terre se concentrera aussi sur les impacts de la fonte du pergélisol et ses conséquences sur la transformation de la terre.

Fabrice Calmels, de l’Université du Yukon, étudie la fonte du pergélisol le long de la route Dempster qui se rend jusqu’aux Territoires du Nord-Ouest. (Anne Desmarais/CBC)

« Concrètement, sur le terrain, on va aller étudier des sites qui causent des problèmes pour les infrastructures de transport du Yukon », explique Fabrice Calmels, ce qui inclut des sites qui ont déjà connu des glissements de terrain ou des effondrements de la chaussée, mais aussi des sites où ceux-ci sont à risque de se produire.

« On va renforcer nos stations de suivi du pergélisol pour pouvoir voir comment le pergélisol évolue sous un climat qui change actuellement et pouvoir éventuellement anticiper les problèmes futurs qui pourraient se produire aux alentours des routes », dit-il.

Les deux chercheurs soulignent que le financement d’Ottawa leur permettra d’utiliser des outils à la fine pointe de la technologie tout en leur permettant de déployer leur recherche sur une vingtaine de sites à travers le territoire.

Les équipes prévoient de retourner sur le terrain poursuivre leur recherche à compter du mois de juin.

Un article de Sarah Xenos

Radio-Canada

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